Prononcez le nom « Guerrero » à un Cavalairois et la réponse fuse… Tragos !

Profitons d’une relâche, si rare dans l’emploi du temps de Gilbert Guerrero, pour évoquer sa passion, les bons mots, les tirades, les envolées et ce théâtre qu’il a servi pendant des décennies… Quelle est l’année qui vous a vu arriver à Cavalaire ? C’était en 1970, dans mon studio de célibataire mais ça ne dura pas, en 1971 mon mariage avec Mireille mettait un terme à mon célibat ! Michel Eluère et son frère Claude tenaient alors La Galiote et m’ont poussé à rencontrer Louis Foucher qu’ils m’ont décrit comme un féru de culture, passionné de théâtre… Les Tragos allaient connaître un nouvel élan, avec une nouvelle équipe dont j’étais le directeur artistique sous la présidence de Robert Colombani, ajoutons que le soutien municipal nous était acquis et que la petite vingtaine de membres de notre troupe fourmillaient d’idées ! Quel était l’endroit où vous exerciez vos talents ?

Là encore, c’était tout un poème ! Nous avions occupé l’arrière salle du bar l’Escoudiu deux fois par semaine, avant que deux mécènes mettent à notre disposition l’étage du Miramar et du cinéma attenant, charge à nous de l’aménager ! Ceci fut fait avec l’aide d’entreprises locales, nous avions nommé la salle Théatre 83 et les 150 places assises étaient une réalité… La culture était le maître-mot des années 70 à Cavalaire, le festival de jazz fut un succès et l’impulsion donnée par Louis Foucher a vraiment porté ses fruits . Dès 1976 nous pouvions occuper la Ferme de Pardigon, c’était un cadre génial… après sa restauration par nos propres moyens ! L’année 1977 a vu notre participation à la 30ème Biennale du Théâtre Amateur à Vichy, nous étions très fiers d’y représenter Cavalaire et ce fut un succès mémorable... Dans les années 90 le rythme des Tragos s’accélère ! C’est le moins qu’on puisse dire, avec quelques succès mémorables ! Prenons L’avare de Molière, nous avons joué cette pièce géniale à 17 comédiens pendant trois ans avec un succès qui ne s’est jamais démenti , nous en sommes toujours très fiers. La ferme de Pardigon accueillait jusqu’à 500 spectateurs par soirée, nous avons aussi été invités à la jouer jusqu’en Italie à un festival international. Bien sûr, nous n’oublions pas les multiples représentations dans le Var, Ramatuelle, Salernes, Aups, Toulon et autant de succès auprès du public…

Les années 2000 ont été un tournant pour vous ? La retraite ! Il fallait bien qu’elle me rattrape et du coup, j’en suis redevenu bénévole… Là encore Louis Foucher a su faire avancer les choses dans le bon sens, en bon négociateur il a su comprendre que notre festival était une partie de l’identité de Cavalaire et qu’il était important que ma relève puisse prendre la suite dans de bonnes conditions… Ma femme Mireille a pris la direction du Festival, nous n’étions au début des années 2000 que des amateurs , perfectionnistes mais amateurs dans l’âme et nous avons fonctionné « au chapeau » jusqu’en 2007. Nous n’avions pas de tarif d’entrée affiché par personne mais nous étions rétribués à la fin du spectacle par les spectateurs qui déposaient leur participation dans le chapeau que nous tendions à la sortie, c’était fort aléatoire et je dois vous avouer que le passage à l’Euro a littéralement torpillé nos recettes… Continuons ce survol chronologique avec les années 2010 : J’arrête, je démissionne ! La technique a tellement évolué que je ne me sens pas à ma place mais les Tragos sont en de bonnes, très bonnes mains avec mon gendre Emmanuel Seigner… C’est une chose extraordinaire de l’avoir avec nous, il incarne vraiment la relève du festival ! Les Tragos ont souvent reçu le concours de la municipalité en place à Cavalaire, qu’en est-il à l’heure actuelle ?

Le Maire Philippe Leonelli s’est inscrit dans cette logique de partenariat, avec notamment une action importante dans la mise aux normes de sécurité de nos locaux… Je sais que ce n’est pas un homme de théâtre, il dit lui-même que ça n’est pas sa tasse de thé, mais il aime les artistes et la joie qu’ils procurent au public. C’est bien pour cela que nous savons pouvoir compter sur lui et la municipalité !

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